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Anglet – Bayonne – Biarritz – Hendaye – Pau
Il y a des endroits qui travaillent contre toi. Hendaye en est un. Pas de manière hostile, au contraire. Avec cette lumière atlantique qui te désarme avant même que tu aies décidé de te laisser faire. Le Pays basque côté français est à la fois bout du monde et seuil de quelque chose d’autre : l’Espagne à deux kilomètres, la montagne dans le dos, l’océan devant.
J’étais arrivé la veille pour trois jours, seul. Appartement rue de la Plage, vue sur la baie de Txingudi. Je n’avais pas de programme. C’était le programme.
Le premier soir, j’ai marché jusqu’à la plage et je me suis dit que ça suffirait. Ça n’a pas suffi.
Je l’ai croisée le lendemain matin au marché couvert, à deux pas de la mairie. Elle choisissait des tomates avec cette concentration légèrement excessive. Cheveux attachés, robe légère à bretelles, cabas en paille. La trentaine, traits basques ou espagnols, quelque chose de naturellement sensuel dans sa façon de se tenir.
On s’est retrouvés au même étalage. Elle a levé les yeux.
— Pardon.
Son français avait un léger accent espagnol.
— C’est rien.
Elle a regardé les tomates, puis moi.
— Vous êtes d’ici ?
— Non. Trois jours.
— Ah… Moi je suis d’Irun. En face.
Elle a fait un geste vague vers la baie. On a fini par boire un café sur la place. Elle s’appelait Amaia. Elle passait régulièrement à Hendaye, connaissait les commerçants, avait ses habitudes depuis l’enfance. Elle travaillait dans l’import-export côté Irun.
La discussion était fluide, agréable. Vers la fin, elle m’a regardé avec un petit sourire :
— Ce soir, vers dix-neuf heures. La plage se vide. La lumière est oblique. C’est le meilleur moment.
— Tu vas y être ?
— Peut-être.
Peut-être voulait dire oui. À 19h05, elle est arrivée sur la plage, serviette sous le bras, cheveux cette fois libres autour des épaules. Le soleil était oblique, la lumière dorée rendait tout légèrement irréel. La plage était presque vide.
On a nagé, d’abord séparément, puis ensemble. L’eau fraîche réveillait tous les sens. Quand on est ressortis, le soleil touchait presque l’horizon. On a marché les pieds dans l’eau, bras qui se frôlaient de plus en plus souvent.
À un moment, elle s’est arrêtée et a regardé les lumières d’Irun qui commençaient à s’allumer de l’autre côté de la Bidassoa.
— C’est chez moi, là-bas, a-t-elle dit doucement.
On était très proches. L’air sentait le sel et la chaleur du sable qui refroidissait. Elle a tourné la tête vers moi, lentement, et m’a demandé :
— T’as faim ?
— Oui.
On a mangé des pintxos et bu du txakoli dans un petit restaurant de la rue des Citronniers. La table était petite, nos genoux se touchaient. On ne s’est pas reculés. Amaia buvait son vin en me regardant avec cette attention tranquille qui disait clairement qu’elle avait déjà décidé comment la soirée allait finir.
— Ton appartement. Vue sur la baie, tu disais.
— Quatrième étage. Terrasse.
— Je voudrais voir ça.
La terrasse offrait une vue magnifique sur la baie de Txingudi, Irun illuminée de l’autre côté, la Bidassoa noire en contrebas. Amaia s’est accoudée à la rambarde. Je me suis placé derrière elle.
J’ai relevé lentement sa robe légère. Elle ne portait rien dessous. Ma main est descendue entre ses cuisses : sa chatte était déjà chaude et trempée. Sans un mot, j’ai sorti ma queue dure et je l’ai pénétrée d’un seul coup profond.
Amaia a lâché un long gémissement en s’accrochant à la rambarde. Je l’ai baisée debout, face à la baie, avec des coups de plus en plus forts et profonds. Mes mains empoignaient ses hanches, puis ses seins qui sortaient de sa robe. La lumière des lampadaires et des lumières d’Irun dansait sur sa peau.
— Plus fort… baise-moi, a-t-elle murmuré d’une voix rauque avec son accent.
Je l’ai pilonnée plus violemment, mes couilles claquant contre elle, jusqu’à ce qu’elle jouisse la première fois, le corps secoué, étouffant un cri contre son bras.
On est rentrés dans l’appartement. Je l’ai plaquée contre le mur du salon, relevé une de ses jambes et je l’ai pénétrée à nouveau, encore plus profondément. Amaia s’accrochait à moi, ses ongles plantés dans mon dos, gémissant sans retenue pendant que je la défonçais avec force.
Puis je l’ai retournée, penchée sur la table basse, et je l’ai prise en levrette sauvage. Mes claques sur ses fesses résonnaient dans la pièce. Elle était trempée, brûlante, et répétait entre deux râles :
— Oui… comme ça… plus fort !
J’ai fini par exploser au fond de sa chatte en longs jets puissants pendant qu’elle jouissait une seconde fois, le corps traversé de spasmes violents.
Elle est partie tôt le matin, avant que la lumière soit vraiment levée. Sur le pas de la porte, elle m’a embrassé sur les deux joues, ce geste basque à la fois formel et chaleureux.
— Profite bien de tes trois jours.
— C’est déjà fait.
Un sourire. Elle a disparu dans l’escalier.
J’ai passé les deux jours suivants à Hendaye avec ce sentiment particulier. La plage à dix-neuf heures, la lumière oblique… j’y suis retourné seul. Amaia n’était pas là. Mais en regardant les lumières d’Irun de l’autre côté de la baie, j’ai repensé à cette nuit avec un sourire.
Hendaye fait ça. Elle te place exactement entre deux mondes et te laisse choisir.
Cette nuit-là, j’avais bien choisi.